Presse
13 5 2009 | Pleins feux sur les artisans• Les artisans évoluent avec leur temps et font souvent usage de techniques modernes
• Formation et travail à temps partiel, tout comme l’apprentissage, doivent être promus et revalorisés
Encore trop souvent l’artisan est considéré comme quelqu’un pour qui le temps s’est arrêté et qui confectionne des produits selon des méthodes moyenâgeuses. Rien n’est moins vrai. La grande majorité des artisans sont de vrais hommes de métier qui ont souvent suivi une formation et utilisent des produits traditionnels en combinaison avec des techniques modernes, ou manipulent des produits ou techniques étrangères qui ne sont pas encore vraiment connus en Belgique. C’est ce que déclare le SNI aujourd’hui à l’occasion de la remise des prix officiels du concours « La vitrine de l’Artisan » que le SNI soutient en tant que partenaire. C’est une brasserie de Beersel qui a remporté le premier prix. Elle marie à la perfection l’artisanat aux techniques modernes. Mais si nous voulons continuer à mettre en avant les artisans et encourager les jeunes à l’artisanat, nous devrons, aux dires des artisans participants, revaloriser l’enseignement à temps partiel et l’apprentissage. Encore trop souvent la formation professionnelle la plus importante à savoir l’apprentissage souffre d’un manque d’estime et n’est pas toujours couronnée par un diplôme. C’est pourquoi le SNI demande que l’apprentissage soit revalorisé et que le diplôme donne accès à l’entrepreneuriat. Et cela pour que plus de jeunes soient fiers d’exercer un artisanat.
On devient souvent un vrai artisan après une formation ou une expérience
Encore trop souvent l’artisanat est considéré comme une profession où le temps s’est arrêté et où les produits sont confectionnés avec des moyens moyenâgeux. Rien n’est moins vrai. La plupart des artisans sont de vrais hommes de métier, des spécialistes et des experts , qui utilisent des produits traditionnels combinés avec des techniques modernes. C’est ce qu’affirme le SNI après avoir analysé la participation de 130 artisans au concours « La vitrine de l’artisan » dont les gagnants seront connus aujourd’hui. Remarquons qu’en Wallonie, un peu plus qu’en Flandre, l’accent est mis sur la tradition, alors qu’en Flandre la créativité et la diversification jouent un rôle important dans le métier de l’artisan. Beaucoup d’artisans utilisent des produits qui existent depuis la nuit des temps, tels que les fleurs, l’argile, le verre, le bois … et appliquent une technique moderne pour en faire quelque chose de créatif, moderne ou original. Souvent il s’agit de produits exclusifs qui sont fabriqués en nombre limité et/ou ne peuvent être acquis en Belgique qu’à certains endroits seulement.
Remarquons que 8 artisans sur 10 (82 %) disent avoir bénéficié d’une formation ou d’expérience spécifique en Belgique ou à l’étranger. Il ne s’agit donc pas de personnes qui ont développé un hobby ou qui ont expérimenté quelque chose jusqu’à ce que cela réussisse. C’est le cas pour la brasserie de Beersel (1er prix) et la créatrice de couleurs artisanales de Braine L’Alleud (2ème prix). Tous deux ont suivi des études supérieures mais ont réussi à faire de leur passion, leur profession.
Déficit d’image et enseignement : les problèmes principaux
2 artisans sur 3 (64 %) estiment que l’artisanat est encore toujours considéré comme quelque chose que l’on fait en dernier ressort lorsque l’on n’a pas réussi dans l’enseignement traditionnel. Cette conception a un effet négatif sur l’image de l’artisanat. Ajoutons que l’on ne reçoit pas toujours un diplôme dans le cadre de l’apprentissage ou d’un travail et d’une formation à temps partiel .
Il n’est donc pas étonnant qu’au fil des ans l’apprentissage connaisse moins de succès. En 2008 il y avait 10 % d’inscriptions en moins que l’année d’avant. Dans notre société où avoir un diplôme est un must, cela a un effet négatif sur les mentalités, déclare Christine Mattheeuws. Et même lorsqu’il y a un diplôme, certains programmes d’apprentissage mériteraient d’être révisés et modernisés. En fait ce qu’il faut c’est revaloriser les métiers manuels , l’apprentissage et les diplômes qui sont remis. Cela afin que les jeunes puissent devenir plus facilement entrepreneurs après leur apprentissage , ce qui n’est pas toujours le cas. Le prix du jury a été attribué aujourd’hui à un jeune horloger. Bien qu’il n’ait qu’une vingtaine d’années il forme déjà quelqu’un d’autre parce qu’il n’y a pas d’école où l’on peut apprendre son métier. En France l’artisanat constitue une partie importante de la vie économique, c’est l’entreprise et elle crée de l’emploi. L’apprentissage n’y est pas considéré comme un enseignement de seconde zone. Les Français respectent les artisans. Une situation que nos artisans belges ne peuvent qu’envier.
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