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12 5 2011 | L’interdiction de fumer forcera 4200 cafés à la fermeture ou à l’illégalité

L’interdiction totale de fumer dans l’horeca sera un fait à partir du 1er juillet 2011. Ces deux dernières semaines, le SNI a mené une enquête auprès de 851 exploitants de cafés où l’on peut encore fumer aujourd’hui. 91 % des cafetiers s’attendent à une perte de revenus d’en moyenne 27 % lorsque la cigarette ne sera plus la bienvenue dans leur établissement. 17 % des cafés craignent même devoir fermer leurs portes après le 1er juillet, tandis que 18 % des cafés ne respecteront pas cette interdiction s’il n’y a pas de mesures compensatoires. « Nous avons toujours dit qu’une interdiction totale de fumer dans l’horeca mènera à des ravages », commente Christine Mattheeuws, présidente du SNI. « Il est d’ailleurs incroyable et totalement inadmissible que, sept semaines avant l’introduction de l’interdiction de fumer, les politiciens restent sourds aux demandes de mesures de compensation. »

Le 15 mars 2011, la Cour Constitutionnelle a supprimé les exceptions existantes concernant l’interdiction de fumer dans l’horeca. De cette manière l'interdiction totale de fumer dans l'horeca sera instaurée de façon anticipée à partir du 1er juillet 2011. C'est le coup de grâce pour les 12.000 cafés populaires de notre pays, vu que 80 % de leurs clients fument. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par le bureau d’étude Significant GFK pour le compte du SNI. D’une enquête que le SNI a menée ces deux dernières semaines auprès de 851 cafés, il ressort que 91 % des cafetiers s’attendent à une perte des revenus d’en moyenne 27 % quand la cigarette ne sera plus la bienvenue dans leur établissement.

17 % des cafés craignent même qu’ils devront fermer leurs portes après le 1er juillet, tandis que 18 % des cafés ne respecteront pas cette interdiction s’il n’y a pas de mesures compensatoires. Le SNI ne trouve pas cela la piste à suivre, même si leur réaction est compréhensible. Les autres cafés interrogés chercheront d’autres méthodes pour survivre. Un quart des cafés installeront un fumoir séparé ou une tente-fumoir, mais 73 % des cafetiers affichent clairement qu’ils n’ont ni l’espace ni les moyens financiers pour installer un fumoir séparé ou une tente-fumoir. 24 % des cafés renverront leurs clients qui fument à l’extérieur. Seuls 14 % des cafés ont l’intention d’offrir des repas aux clients, mais cela est plutôt logique. Les clients des cafés populaires y viennent pour boire un verre, fumer une cigarette et participer à la vie sociale.

Christine Mattheeuws : « L’interdiction de fumer va pousser les cafés dans une crise profonde. Le nombre de faillites dans le secteur horeca reste faramineux et correspond à 20 % du nombre total de faillites. C’est pourquoi le secteur a besoin de mesures d’aide et cela avant le 1er juillet encore. Malheureusement, nous constatons que les ministres ne font rien pour les cafés et cela à peine à sept semaines de l’introduction de l’interdiction de fumer. »

Pourtant le passé prouve que des mesures de compensation pour ce secteur ont une influence positive sur le revenu et la création d’emplois. Le SNI se réfère à la diminution de la TVA de 21 à 12 % sur la nourriture. Cette diminution existe depuis début 2010 et a des conséquences positives. Des déclarations de TVA, il ressort que le revenu des restaurants a augmenté de 8 %. De plus, des chiffres de l’ONSS, il ressort que le nombre d’équivalents à temps plein a augmenté de 2500 entre les trois premiers semestres de 2009 et les trois premiers semestres de 2010. « Manifestement certains politiciens refusent de voir ces chiffres. »

Vu le retour positif pour l’Etat et la société, le SNI exige que les cafés bénéficient également d’une diminution de la TVA. Les cafetiers interrogés devancent d’ailleurs ce même scénario. Ils demandent un abaissement de la TVA à 6 pour cent pour tout le secteur (sur les repas et les boissons). Les cafés ont été tenus à l’écart de l’abaissement de la TVA de 21 à 12 pour cent puisque ce taux de TVA réduit ne s’applique qu’aux repas. Ils demandent également d’assouplir les règles pour le travail des étudiants et le travail occasionnel, d’instaurer une déduction fiscale majorée pour la construction d’un fumoir ou d’une cuisine, de rembourser les investissements qu’ils ont faits pour placer un dispositif d’extraction de fumée et d’abolir les taxes communales sur les terrasses. Un certain nombre de cafetiers trouvent qu’ils devraient avoir le choix d'autoriser ou non de fumer dans leur établissement.

Christine Mattheeuws : « Nous invitons les politiciens qui sont d’avis que les cafés n’ont pas besoin d’un plan de relance ou qui estiment qu’une diminution de la TVA n’a pas d’influence positive pour la société de démontrer cela avec des chiffres. Dire que les cafés ont déjà reçu assez de cadeaux est une preuve de manque de responsabilité et d’incompréhension scandaleuse par rapport à ce secteur. »

S’il est impossible de réserve un budget pour un plan de relance pour les cafés, le SNI réclame une réglementation comme en Hollande ou en Allemagne. Dans ces deux pays, les petits cafés ont de nouveau pu accepter la cigarette vu que l’interdiction de fumer était discriminatoire pour les petits cafés qui n’ont pas la place pour installer un fumoir. Dans notre pays, un tiers des cafetiers interrogés estiment qu’ils devraient eux-mêmes avoir l’opportunité de décider s’il est interdit de fumer, oui ou non. Cette mesure n’a aucun impact budgétaire et peut être instaurée avec un peu de bonne volonté.




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