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3 11 2011 | Les agressions sur les bijoutiers relancent la discussion sur la légitime défenseA l’occasion de deux agressions hier et aujourd’hui sur des bijouteries respectivement à Beersel et à Liège, le SNI plaide pour une meilleure politique en matière de poursuite des criminels, pour faciliter le placement de potelets de sécurité dans les villes et les communes et en faveur de l’intervention de conseillers en techno prévention qui doivent procéder au screening des bijouteries et autres secteurs exposés à la criminalité et donner des avis en matière de sécurité. « Les bijoutiers sont ces derniers temps la cible de nombreuses agressions et d’attaques à la voiture bélier parce que l’accès à leur magasin est encore trop peu sécurisé. En quatre ans de temps, le nombre d’agressions armées a plus que doublé », déclare Christine Mattheeuws, Présidente du SNI. « Nous devons veiller à détecter individuellement ces éléments faibles. Une meilleure sécurisation doit être dissuasive et effrayer les criminels potentiels. C’est bien mieux que d’appliquer une politique de « œil pour œil dent pour dent », pour le SNI ».
Le nombre d’agressions sur les bijouteries augmente. En quatre ans de temps, le nombre d’agressions armées a doublé. En 2007 l’on comptait 20 agressions, en 2008, 33 ; en 2009 ,39 et en 2010, 45. Tout indique que cette tendance à la hausse va se poursuivre cette année. Ajoutons que les agresseurs agissent avec toujours plus de témérité et professionnalisme, de sorte que les bijoutiers doivent aussi renforcer leur défense. Les deux bijoutiers qui ont été agressés hier et aujourd’hui se sont défendus. Dans un des cas l’agresseur a été blessé et dans l’autre il a été tué. Cela a ravivé la question de savoir dans quelle mesure les commerçants peuvent défendre leur magasin et leurs biens en cas d’agression, d’attaque à la voiture bélier ou cambriolage. Il résulte d’une enquête de l’organisation pour entrepreneurs, SNI, que 28 % des commerçants envisagent de défendre leurs biens dans leur magasin physiquement, si jamais ils étaient confrontés à des agresseurs ou des cambrioleurs. Pour la présidente du SNI Christine Mattheeuws : « Ce que nous voulons éviter à tout prix, c’est une politique d’œil pour œil dent pour dent. Cette politique ne nous mènera à rien, au contraire. Mais nous comprenons que pour les indépendants il est particulièrement frustrant de voir que les agresseurs ou cambrioleurs sont remis trop rapidement en liberté , en supposant évidemment que l’on ait d’abord réussi à mettre la main dessus. »
L’organisation pour entrepreneurs est dès lors un fervent partisan d’une politique plus sévère en matière de poursuites, avec des peines effectives pour les agresseurs et les cambrioleurs. Ils s’en tirent aujourd’hui trop facilement. Outre une politique de riposte immédiate, le SNI plaide pour des critères d’assurance plus souples. Celui qui a été confronté plusieurs fois à une agression ou un cambriolage, doit payer une prime d’assurance plus élevée ou se voit imposer des conditions contractuelles beaucoup plus strictes. Souvent cela entraîne des primes exorbitantes qui sont tout simplement impayables pour les indépendants. Le SNI veut par conséquent entamer la discussion avec le secteur des assurances afin de rencontrer les aspirations des indépendants.
En outre le SNI plaide pour que des potelets de sécurité soient placés plus facilement par les villes ou les communes. Encore trop souvent, l’organisation des entrepreneurs entend dire que les différentes villes et communes refusent de placer ces potelets parce que le trottoir devient alors trop étroit ou parce que cela ne convient pas à l’image de la ville. La sécurité est pourtant un droit, non seulement pour chaque citoyen mais aussi pour chaque entrepreneur. Il est du devoir de la société de garantir ce droit.
Enfin le SNI demande de faire intervenir les conseillers en technoprévention dans les secteurs plus exposés à la criminalité, comme les bijoutiers. Cela parce que la criminalité sur les biens de valeur se déplace de plus en plus vers les chaînons les plus faibles. Auparavant c’était d’abord les transporteurs d’argent et les banques qui étaient la cible des criminels, mais parce qu’ils se sont mieux sécurisés, la criminalité s’est déplacée vers des magasins moins sécurisés dont les bijouteries. Il est nécessaire de détecter ces éléments faibles et c’est ici qu’intervient le rôle des conseillers en technoprévention. Dans 196 zones de police, un ou plusieurs conseillers en techno prévention travaillent et ils sont spécialement formés pour donner des conseils entre autres aux entrepreneurs afin d’endiguer certaines formes de criminalité. Aujourd’hui il y a toute une série d’investissements en sécurité qui peuvent bénéficier d’une déduction fiscale majorée, mais ce n’est pas ça qui va indiquer à l’entrepreneur et dans le cas d’espèce le bijoutier, ce qu’il doit faire concrètement pour sécuriser au mieux son entreprise. Un bon conseil doit déboucher sur une meilleure sécurisation qui dissuade et effraye les criminels potentiels.
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