Les pratiques douteuses de la Loterie Nationale inquiètent les libraires

Ces derniers jours, le SNI a reçu beaucoup de réactions de libraires inquiets qui ont eu un contrôle de la Loterie Nationale pour voir s’ils ne vendent pas de produits de loterie aux jeunes. Cela est interdit aux moins de 18 ans, mais pour les contrôles la loterie utilise des mineurs qui ont l’air d’avoir 18 ans ou plus. Une librairie en infraction reçoit une sanction financière et ratera quelques centaines d’euros. Le SNI estime qu’il s’agit de pratiques inadmissibles. Vérifier qu’un contrat est respecté est compréhensible, mais provoquer une rupture de contrat en utilisant des jeunes qui ont l’air plus âgés est une pratique déplorable. A court terme, le SNI en discutera avec la Loterie Nationale, mais entre temps l’organisation des entrepreneurs indépendants conseille aux libraires d’être très vigilants et de toujours demander aux jeunes de montrer leur carte d’identité.

Beaucoup de libraires ont contacté le SNI ces derniers jours pour exprimer leur inquiétude et leur mécontentement concernant les pratiques de la Loterie Nationale. Comme elle l’avait annoncé, cette entreprise publique visite des libraires pour examiner s’ils ne vendent pas de jeux de hasard aux mineurs. Pour les contrôles, la loterie utilise des mineurs qui ont l’air d’avoir 18 ans ou plus. C’est ce que nous signale tous les libraires. Christine Mattheeuws, présidente du SNI : « Ces contrôles pourraient être admissibles si la loterie faisait appel à des jeunes qui paraissent vraiment leur âge, mais cela n’est visiblement pas le cas. La loterie veut clairement provoquer une rupture de contrat en utilisant des jeunes qui ont l’air plus âgés. Cette entreprise publique doit-elle assainir son budget et veut-elle faire cela sur le dos des libraires ? C’est ce qui nous semble. »

Quelques jours plus tard, les libraires en infraction reçoivent une lettre pour annoncer que la loterie supprime leur bonus, qui vaut facilement quelques centaines d’euros. En raison des marges bénéficiaires très réduites, de la diversification des points de vente (grandes surfaces, stations services, …) et des règles qui ne font que se multiplier, les libraires ont déjà du mal à survivre. Chaque semaine, des librairies ferment leurs portes dans notre pays. Et maintenant, la Loterie Nationale en rajoute par des contrôles douteux.

Si la Loterie Nationale estime vraiment que la vente des jeux de hasard aux mineurs pose problème, le SNI estime qu’elle ferait mieux d’arrêter de proposer des jeux qui attirent surtout les jeunes, tels que le jeux à gratter de Milk Inc. De plus, l’entreprise publique ferait mieux de dépenser l’argent, qu’elle utilise pour sponsoriser des évènements qui ciblent les jeunes, à des campagnes de sensibilisation qui doivent alerter les jeunes et leurs parents sur les dangers de la dépendance aux jeux. Ce sont d’abord les jeunes et leurs parents qui sont responsables pour l’achat de jeux de hasard. Nous ne pouvons pas demander qu’un commerçant agisse comme un agent de police. Ce n’est pas sa tâche.

Le SNI se demande également si tant de jeunes achètent des produits de loterie en librairie. La Loterie Nationale a-t-elle examiné cela avant de lancer les contrôles ? Connaît-elle la part des mineurs dans la vente totale des jeux de hasard ? Le SNI est persuadé que les jeunes parient surtout sur le web (poker en ligne, compétition sportive, …). Entre temps, le SNI conseille aux libraires d’être très vigilants et de toujours demander aux jeunes de voir leur carte d’identité.


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